Passage éclair à l'iut, un ou deux mois, le temps de réaliser que j'étais arrivée là poussée par ma mère et encouragée par mes proches, mais pas bien sûre de mon choix. Qui n'était d'ailleurs pas vraiment le mien. Bref voilà, j'ai abandonné juste avant les vacances de la Toussaint.
Faut dire qu'il y a eu des signes avant-coureurs : la boule au ventre sur le chemin de l'école, le sentiment de malaise en cours, le peu d'intérêt que je portais aux matières (objectivement intéressantes finalement). Cette impression persistante de ne pas être à ma place, de perdre mon temps, de ne servir à rien. Je ne sais plus qui m'a dit "mais bien sûr que tu sers à rien quand t'es à l'école, les contribuables paient, et toi tu es là pour apprendre". Ca m'a aidée : j'ai compris que je n'avais rien à faire là.
Ce que je veux c'est travailler. Apprendre, aussi, bien sûr, puisque j'adore ça. Mais surtout être dans l'action, avoir des responsabilités à répercussions immédiates, qu'une équipe compte sur moi. Se former est une responsabilité envers soi-même, envers son entreprise, la société, sa propre famille, je le reconnais.
A l'iut j'étais responsable de moi-même ; je déteste ça. Je suis nulle pour m'occuper de moi. Je mange mal, je ne fais pas de sport, je n'entretiens pas mes relations amicales et familiales, je ne fais le ménage que lorsque les problèmes sanitaires surviennent (j'exagère), je n'ai aucune activité de loisir hors de chez moi... Et je ne vais pas à l'école quand je suis censée me former. Je suis une no-life en quelque sorte.
Bref me voilà repartie dans la spirale infernale de la recherche d'emploi. Ou de formation. Ou d'un emploi en alternance, ce qui serait le top puisqu'il est évident que je dois me former, mais que je veux absolument travailler. J'ai une réunion d'information mercredi dans un centre de formation privé pas trop loin de chez moi (parce que je suis paresseuse aussi).
Après un bon débroussaillage des offres d'emploi, j'ai réalisé que la fonction commerciale est celle qui génère le plus de places à pourvoir. Oui d'accord ça semblait évident, mais ça méritait vérification. Donc un BTS Management des Unités Commerciales me semble raisonnable.
Mais par ailleurs j'ai une expérience et une qualification (non-reconnue évidemment) d'assistante administrative et commerciale. Que je pourrais facilement transformer en diplôme. Je me suis renseignée sur le BTS Assistant de manager (ex- BTS Assistant de Direction) qui me paraissait parfait sauf... la deuxième langue vivante. Mes parents ont été bien trop généreux à l'époque en m'offrant les cours d'Italien LV2 par correspondance du CNED. Ils auraient mieux fait de me coller une tarte et de m'envoyer tout droit en cours d'Espagnol, le seul disponible dans mon petit collège de campagne. Pour ce que je parle Italien finalement, c'était une perte de temps et d'argent. En plus l'Espagnol c'est facile. Et je ne vous cache pas tout le mal que je pense du Bac Littéraire qui ne sert strictement à rien sur le marché de l'emploi, et à pas grand chose en cas de poursuite dans les filières supérieures.
Ou alors, plus à ma portée, le BTS Gestion PME-PMI qui reprend grosso-modo tout ce que je faisais dans mon ancienne boîte, sans être diplômée. On prend vraiment les gens pour des incapables, dans ce pays.
Ou alors je pourrais rester tranquillement au chômage, payée à m'ennuyer chez moi, à me recentrer sur moi-même (mais je fais que ça, me regarder le nombril ! ). Au bout de six mois passés à explorer les offres à pourvoir et les possibilités de formation comme carreleur ou plaquiste, je pourrais solliciter un bilan de compétences, qui ne m'apprendrait rien que je ne sache déjà ("vous rêvez de bosser avec la nature mais votre condition physique vous l'interdit ; vous avez des compétences administratives et commerciales que vous devriez exploiter ; vous avez un bon relationnel parce que vous êtes bien élevée MAIS vous détestez les gens" -lol). Je serais alors en fin de droit et grave dans la merde puisque pas plus avancée sur le chemin du diplôme - sésame pour l'emploi.
Bref, la clé est l'ACTION. Vivement cette réunion de formation, que je m'y mette.
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